Handicap : les différentes aides humaines (et comment les obtenir)

Ménage, repas, soins, gardes… De nombreux services permettent aux personnes en situation de handicap (et à leurs aidants) de faire face au mieux. Tour d’horizon des solutions existantes, et des meilleures façons de les organiser et les financer.

handicap : les aides humaines

Une personne en situation de handicap peut avoir besoin d’une présence, sinon constante, du moins régulière… Présence qu’en tant qu’aidant vous ne pouvez pas assumer en permanence ?

Dans ces cas de figure, vous pouvez solliciter ce que l’on appelle les aides humaines, pour les distinguer des aides dites financières qui vous permettent de payer un certain nombre de produits et de services nécessaires en cas de handicap, et des aides “techniques”, c’est-à-dire les appareils et équipements indispensables ou utiles pour faire face au handicap (fauteuils, cannes et tous les accessoires qui vont avec dans le cas d’un handicap moteur, par exemple).

 

Bon à savoir

Toutes ces aides sont utiles dans le cas d’un maintien à domicile de la personne en situation de handicap. Si la situation devient trop complexe à gérer même avec une aide, c’est qu’il faut étudier les possibilités d’hébergement adaptés.
 

Handicap : quelles sont les solutions d’hébergement ?

 

Quelles aides existent pour les personnes en situation de handicap ?

Les aides humaines vous permettent d’obtenir un soutien pour tout ce qui va relever :

  • des actes essentiels du quotidien : alimentation et toilette, déplacements (chez soi, à l’extérieur, voire sur le lieu de travail)...
  • de la surveillance régulière de la personne handicapée, pour qu’elle ne se mette pas en danger ni ne se blesse accidentellement,
  • du soutien dans l’exercice de son activité professionnelle, par exemple l’emploi d’un interprète en langue des signes
  • de l’aide spécifique aux personnes sourdes (forfait surdité) ou très malvoyantes (forfait cécité)

Il s’agit donc, concrètement, de services apportés par des professionnels formés et agréés pour s’occuper de personnes en situation de handicap, à qui vous allez pouvoir faire appel :

  • de façon récurrente pour certains aspects de la vie quotidienne
  • de façon épisodique lorsque vous n’êtes pas (ou moins) disponible.

Auxiliaire de vie, aide ménagère, infirmiers… Des aides pour le quotidien

Se vêtir, se laver, se nourrir, se soigner, entretenir son chez soi… Avec le handicap, certains actes de la vie quotidienne qu’on réalisait auparavant sans problème vont se révéler problématiques, voire irréalisables. Et l’aidant qui accompagne au quotidien une personne handicapée n’est pas toujours compétent, à l’aise ou disponible pour le faire.

Dans ces situations, et selon les besoins, vous ferez alors appel à :

  • un(e) auxiliaire de vie
  • un(e) aide-ménagère
  • un(e) infirmier(e)
  • ou un service de livraison (de repas, de médicaments, par exemple)

Ce tableau permet d’y voir plus clair entre les prestations proposées par ces différents types d’intervenants :

 

Professionnel compétent

Aides proposées

Auxiliaire de vie

 

 

Habillement

Toilette

Courses

Accompagnement repas et culinaire

Prise des repas

Prise de médicaments

Accompagnement aux sorties

Accompagnement aux rendez-vous médicaux

Auxiliaire de vie « garde malade »

Garde de nuit

Aide-ménagère

Ménage

Repassage

Entretien de la maison

Société de portage de repas

Livraison de repas

Infirmiers libéraux

SSIAD (Service de Soins Infirmiers À Domicile)

Soins infirmiers

Pharmacies

Infirmiers libéraux

Entreprises de portage de médicament à domicile

Livraison de médicaments

 

Les gardes temporaires : pour laisser l’aidant souffler

Les aides présentées ci-dessus sont plutôt prévues pour une utilisation régulière : une séance de ménage par semaine, les repas du midi livrés du lundi au vendredi, etc. Lorsque l’aidant doit s’absenter, et qu’il n’y a personne pour le suppléer, il faut se tourner vers des services de gardes temporaires.

Pour une personne handicapée tout comme une personne âgée, il existe un choix assez large qui va vous permettre d’envisager :

  • une garde au domicile de votre proche, ou dans un lieu adapté,
  • une garde de nuit, de jour, ou les deux,
  • une garde régulière ou épisodique, de quelques heures ou de plusieurs jours consécutifs…

 

Voici présentées les différentes « formules » de gardes temporaires qui existent à l’heure actuelle.

 

L'hébergement

A domicile / En établissement

Quand et combien de temps ?

Pour quelle(s) situation(s) ?

Le relayage 

Au domicile de l’aidé 

Quelques heures ou quelques jours

Pour être visité épisodiquement par un professionnel, sans avoir à sortir de son environnement familier

La garde de nuit 

Au domicile de l’aidé 

1 à 3 passages par nuit par une équipe mobile ou en présence constante à domicile

Pour une personne qui vit seule à domicile, sans proche à proximité immédiate

La halte répit 

Dans un lieu dédié

Généralement 1 à 2 demi-journées par semaine

Pour les malades d’Alzheimer et affections apparentées. La structure d’accueil n’est pas médicalisée, mais animée par des bénévoles formés

L’accueil de jour 

Dans un EHPAD ou un établissement rattaché

À la journée ou demi-journée, une ou plusieurs fois par semaine

Pour les personnes qui nécessitent une surveillance régulière et dont le(s) proche(s) est(sont) parfois indisponible(s), et si votre proche est en âge d’être accueilli en Ehpad (ou a bénéficié d’une dérogation)

L’accueil de nuit 

Dans un EHPAD ou un établissement rattaché

Les nuits (en semaine ou le week-end) 

Comme pour la garde itinérante de nuit, si demeurer au domicile n’est pas possible en soirée , et si votre proche est en âge d’être accueilli en Ehpad (ou a bénéficié d’une dérogation)

L’accueil familial

Chez des particuliers agréés et formés (3 personnes accueillies maximum)

Solution totalement adaptable (quotidien ou espacé, temps partiel ou

complet)

Si vous avez besoin de la flexibilité qu’offre cette formule, et cherchez une alternative à un établissement

L’hébergement temporaire 

Dans un EHPAD ou une Résidence Autonomie

De quelques semaines à trois mois

Après une hospitalisation, au cours de travaux d’adaptation du logement, en préparation à l’entrée en maison de retraite. Ou en cas de congés prolongés de l’aidant

 

 

Comment organiser l’aide à domicile ?

Le recours à une aide à domicile et la façon dont vous allez rémunérer ses services peut se faire soit :

  • en dédommageant ou salariant l'aidant familial,
  • rémunérant l’aidant professionnel avec plusieurs modes de paiement possibles.

 

Salarier ou dédommager un aidant familial

L’aidant familial peut-être :

  • le compagnon (conjoint, concubin, pacsé) de la personne aidée,
  • son ascendant (parent, grand-parent...), descendant (enfant, petit-enfant) ou "collatéral" (frère ou soeur, neveu ou nièce) jusqu’au 4e degré

Dans ces cas, l’aidant familial peut-être dédommagé pour le temps qu’il consacre à la personne aidée (temps qui est souvent pris au détriment de son activité professionnelle) : selon le degré d’implication, ce dédommagement sera de 50% ou 75% du SMIC horaire.

Autre possibilité, salarier directement son aidant si ce dernier :

  • n’est pas à la retraite
  • a dû renoncer (en partie ou totalement) à une activité professionnel dans le cadre de l’aide apportée
  • n’est ni le conjoint, concubin ou la personne pacsée, ni en relation familiale au 1er degré avec l’aidé (père ou mère et enfant, gendre ou belle-fille et beau-parent…)

Cette dernière restriction peut toutefois être levée si l’état de dépendance de la personne handicapée le justifie.

 

 

Rémunérer une aide professionnelle

Vous avez trois possibilités pour rémunérer les services du professionnel à qui vous faites appel :

  1. l’emploi direct : vous êtes l’employeur d’une personne que vous embauchez, salariez, et pour lequel vous vous acquittez de vos obligations (charges, congés payés, etc.)
  2. le mode : vous faites alors appel à ue structure qui emploie le ou les intervenants au domicile et organise la prestation, et vous la facture
  3. le mode mandataire : une structure intermédiaire sélectionne des professionnels correspondant à vos besoin, et vous aide à remplir vos obligations administratives (contrat de travail, édition des bulletins de salaire, etc.) moyennant facture, mais c’est bien vous l’employeur

 

pour aller plus loin

Pour bien étudier vos options, et trouver les meilleures aides à domicile, quelques liens utiles :

 

Nous vous conseillons également de vous rapprocher du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de votre ville, qui pourra vous aiguiller ou organiser directement les aides.

 

Comment financer les aides à domicile pour les personnes en situation de handicap ?

Faire intervenir une ou plusieurs personnes pour aider une personne en situation de handicap peut se révèler rapidement onéreux. Fort heureusement, il existe des aides (financières, cette fois) qui vont permettre de supporter plus facilement le coût de ces aides (humaines). Deux aides, principalement :

 

Que finance la PCH ?

La PCH est un dispositif complet, qui permet d’organiser et de financer 6 formes d'aides :

  • les aides humaines, que nous vous présentons dans cet article,
  • les aides techniques destinées à l'achat ou la location d'un matériel compensant le handicap,
  • les aides d'aménagement du logement pour résoudre les difficultés liées au handicap,
  • l'aide au transport (aménagement de votre véhicule, surcoûts liés aux trajets),
  • l'aide animalière pour acquérir et entretenir un animal éduqué pour favoriser l’autonomie (chien d’aveugle)
  • les aides spécifiques non prises en compte par un des éléments ci-dessus (par exemple les frais d'entretien d'un fauteuil roulant ou la réparation d'un lit médicalisé).

 

Comment obtenir la PCH ?

Il faut en faire la demande auprès de votre maison départementale des personnes handicapées (MDPH), qui fera ensuite instruire vote demande d’aide par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). La décision de vous accorder la PCH se faire dans un délai de 4 mois.

 

APA ou PCH : quand et comment choisir ?

Aide “pilier” pour les personnes en perte d’autonomie, l’APA peut vous rendre peu ou prou les mêmes services que la PCH. Ces deux aides ne sont pas cumulables, donc si vous ou votre proche êtes à la fois âgé(e) de plus de 60 ans et en situation de handicap, il faudra faire un choix entre ces deux dispositifs.

Ce qui peut faire la différence ?

  • les plafonds d’aide et la couverture de certaines dépenses liées au handicap (aides techniques, d’aménagement du logement, au transport) peuvent rendre la PCH plus intéressante si vous avez des besoins importants en la matière,
  • à l’inverse, l’APA permet de financer une aide-ménagère, pas la PCH.

 

Bon à savoir

AAH, AEEH, AJPP… Les personnes handicapées peuvent bénéficier d’autres aides financières (moins structurantes) que la PCH

 

> Tout savoir sur ces aides

 

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