Quels lieux de vie pour une personne en situation de handicap ?

Quels lieux de vie pour une personne en situation de handicap ?
Crée le : · Mis à jour le : 21/05/2021 13:12:15 · Temps de lecture :
6 minutes

À cause d’un handicap physique, sensoriel ou mental, il n’est plus possible de demeurer en permanence chez soi ? Temporaires ou définitives, voici les différentes solutions d’hébergement adaptées aux personnes dans ces situations.

Qu’il soit sensoriel (déficiences visuelles et auditives), moteur, psychique ou cognitif, le handicap pose de nombreux problèmes aux personnes qui en sont atteintes, ainsi qu’à leurs proches aidants. Selon le degré de gravité de ce handicap, faire des travaux d’aménagement ou employer une aide à domicile peuvent ne pas suffire à assurer le bien-être et la sécurité de la personne concernée.

Et vous aurez donc besoin dans ces cas-là de trouver un lieu de vie pour vous ou votre proche. Lequel ? Comment le choisir et faire une demande d’admission ? Nos réponses.

Pour les personnes en âge et en capacité de travailler : les Ésat

Les établissements et services d'aide par le travail (Ésat) sont des structures médico-sociales qui permettent l’exercice d’une activité professionnelle aux personnes que leur handicap empêche de travailler dans ce que l’on appelle le “milieu ordinaire” (entreprises publics ou privées “classiques”) ou dans une entreprise adaptée (employant au minimum 55% de travailleurs handicapés).

Ces Ésat proposent des solutions d'hébergement (foyer, habitat partagé...) En 2014, on dénombrait environ 1350 Ésat en France, employant près de 120 000 travailleurs.


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Qui peut être admis en Ésat ?

Pour être accueilli dans un Ésat, il faut :

  • être âgé de 20 ans au minimum -mais la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), qui instruit les demandes d’aide et d’orientation des personnes en situation de handicap, peut décider une admission en Ésat dès 16 ans,
  • avoir une capacité de travail qui ne dépasse pas le tiers de celle d'une personne valide ou avoir une capacité de travail supérieure mais avoir besoin d'un ou plusieurs soutiens médicaux, éducatifs, sociaux ou psychologiques.

Quelles démarches pour être accueilli en Ésat ?

La première chose à faire est de prendre contact avec votre MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) en ayant rempli ce formulaire de demande d’aide. C’est ensuite la CDAPH qui instruira votre dossier et vous orientera vers la solution la plus adaptée.

Vous (ou votre proche) signerez alors un contrat de soutien et d'aide par le travail, percevez un salaire (compris entre 5,65 € et 11,24 € de l'heure), et serez admis en foyer.

Pour les personnes en âge de travailler mais qui n’en ont pas la capacité : 3 types d’établissements spécialisés

Lorsque le handicap est trop important pour exercer une activité professionnelle, même dans un cadre adapté, il faut se tourner vers d’autres solutions d’hébergement. Du plus haut au plus bas degré d’autonomie, il s’agit des foyers de vie, des foyers d’accueil médicalisés et des maisons d’accueil spécialisées.

Comme pour une admission en Ésat, les demandes d’accès à ces structures nécessitent de passer par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) en ayant rempli ce formulaire de demande d’aide. C’est ensuite la CDAPH qui statuera, dans un délai de 4 mois, sur votre demande d’admission. Sans réponse passés ces 4 mois, votre demande est considérée comme rejetée.

Le foyer de vie (ou foyer occupationnel)

Le foyer de vie, également appelé foyer occupationnel, s’adresse aux adultes handicapés jouissant malgré tout d’une certaine autonomie. Outre l’hébergement, il leur propose des activités adaptées à leurs capacités : sculpture, peinture, gymnastique…

À la différence des deux structures (FAM et MAS) présentées ci-dessous, des foyers de vie ne sont pas médicalisés. Si un résident a besoin de soins réguliers, le foyer fera alors intervenir un SSIAD (Service de Soins Infirmiers à Domicile).

Pour être admis dans un foyer de vie, il faut :

  • avoir un taux d'incapacité d'au moins 50 % (taux déterminé par la CDAPH),
  • bénéficier d'une autonomie suffisante pour les actes de la vie quotidienne (se nourrir, s’habiller...).

Un foyer de vie vous demande une participation aux frais d'hébergement, fixée en fonction de vos ressources, sachant qu’un minimum de revenu est laissé à votre disposition : ce minimum se monte à 270,81 € par mois, soit 30% du montant maximal de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH).

Le foyer d'accueil médicalisé (Fam)

Un foyer d'accueil médicalisé (FAM) héberge des adultes plus lourdement handicapés, et qui ont donc besoin :

  • d’un accompagnement quotidien pour les actes essentiels de la vie courante (se nourrir, s'habiller...),
  • d’une surveillance médicale,
  • d’une aide éducative pour renforcer ou acquérir une plus grande autonomie.

L’un des objectifs de ces structures est de favoriser la vie sociale des résidents, c’est pourquoi il s’agit de petites structures (40 lits maximum, permettant de s’organiser en petites unités de vie de 7 à 8 personnes).

Dans un foyer d’accueil médicalisé, les frais médicaux sont réglés par l’Assurance maladie. Reste à votre charge une participation aux frais d’hébergement et d’entretien, qui s’élèvent à 20 € par jour (correspondant au montant du forfait hospitalier), sauf si vous percevez la complémentaire santé solidaire (CSS) (auquel cas ces frais sont aussi pris en charge par l'Assurance maladie). Et là encore, un revenu minimum mensuel de 270,81 € est laissé à votre disposition.

La maison d'accueil spécialisée (MAS)

Une maison d'accueil spécialisée (MAS) s’adresse en principe à des personnes moins autonomes que celles hébergées en foyer d'accueil médicalisé. Dans les faits, il n’y a pas de grande différence, et les résidents présentent les mêmes besoins d’aide aux gestes de la vie courante, de surveillance médicale, et d’activités éducatives.

Une MAS mettra toutefois moins l’accent sur ces dernières activités, mais emploiera un peu plus de personnel car les besoins des résidents en aide humaine pour la vie quotidienne sont légèrement plus importants. Enfin, dans une MAS du personnel médical est présent pour les astreintes de nuit ce qui n’est pas le cas dans un FAM.

Les coûts d’une MAS (participation de 20€ par jour, revenu minimum mensuel de 270,81 €) sont les mêmes qu’en FAM.

BON À SAVOIR
Les FAM et les MAS sont des établissements médicalisés, mais certaines pathologies nécessitent des soins plus conséquents. Si c’est le cas, il est possible, tout comme en foyer de vie,  d’y faire intervenir l’Hospitalisation à Domicile (HAD).

Pour les personnes qui cumulent handicap et grand âge : les Ehpad

Dans les cas où la personne en situation de handicap est également âgée, une autre possibilité d’hébergement s’ajoute aux établissements présentés ci-dessus (foyer d’accueil médicalisé, maison d’accueil spécialisée…) : les EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes).

Qui peut être accueilli en Ehpad ?

En principe, il faut être âgé de 60 ans ou plus pour être admis en Ehpad. Mais un handicap, parce qu’il aggrave les problématiques liées à la perte d’autonomie, constitue un motif valable de dérogation. Pour obtenir une admission avant 60 ans, il faut en faire la demande auprès de votre MDPH.

Comment choisir un Ehpad pour une personne âgée en situation de handicap ?

Idéalement, l’Ehpad doit disposer d’une unité spécifique pour les personnes en situation de handicap. C’est un des critères à avoir en tête lorsque vous cherchez un établissement, bien d’autres (localisation, repas, organisation…) sont détaillés dans cet article.

Reste ensuite à trouver de la place, et à faire sa demande d’admission en suivant ces quelques conseils.

BON À SAVOIR
Personnes handicapées et/ou âgées, des aides existent pour supporter les frais de ces hébergements. Retrouvez-les toutes dans notre guide des aides. J’obtiens mon guide

Une alternative aux établissements et foyers : l’accueil familial

Avec l’accueil familial, c’est un particulier ou une famille qui vous héberge chez elle, moyennant rétribution, et sous réserve d’être formée et agréé par le Conseil Départemental.

Le cadre, familial et sécurisant, et la grande souplesse des modes d’accueil (temporaire ou à long terme, à temps partiel, complet ou par séquence…) en font une solution recherchée, mais pas forcément le mieux adaptée aux handicaps trop lourds ou aux personnes nécessitant un suivi médical constant.

L'accueil familial : une solution d'hébergement alternative

Les solutions d’hébergement temporaires

Vous ne recherchez peut-être pas une solution définitive, ou à temps plein ? Que ce soit pour une période courte (par exemple en cas de départ en vacances de l’aidant principal), ou à temps partiel (week-ends, demi-journées…), la plupart des solutions d’hébergement présentées dans cet article offrent des modalités d’accueil temporaires.

Type d’accueilÉsatFoyer de vieFoyer d’accueil médicalisé (FAM)Maisson d’accueil spécialisée (MAS)EhpadAccueil familial
Périodes courtesCertains Ésat proposent des stages de découverte  Dans la limite de 90 jours sur 12 mois : consécutivement (ex. : juillet-août-septembre) par périodes (ex. : janvier, mai, octobre)Ponctuellement (ex. : un week-end,une semaine), régulièrement (ex. : une semaine par trimestre) ou sur une période plus longue (6 mois maximum)Temporaire (après une hospitalisation, en cas d’absence d’un proche)...Ponctuellement (ex. : un week-end,une semaine), régulièrement (ex. : une semaine par trimestre) ou sur une période plus longue (6 mois maximum)Temporaire (après une hospitalisation, en cas d’absence d’un proche)...
Temps partielUn accueil de jour est proposé dans certains ÉsatDurée cumulée limite de 90 jours sur 12 mois (ex. : tous les mercredis, toute l’anée)Accueil de jour ou (plus rarement) accueil de nuitSéquentiel (ex. : un week-end sur deux) ou à temps partiel (en journée, demi-journée…)Accueil de jour ou (plus rarement) accueil de nuitTemporaire (après une hospitalisation, en cas d’absence d’un proche)...

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