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Aidant familial salarié, dédommage ou indemnisé : 6 façons d’être rémunéré

Crée le : 08/11/2023 · Mis à jour le : 27/05/2026 11:23:16 · Temps de lecture : 2 minutes

Vous aidez un proche en situation de perte d’autonomie et vous devez arrêter de travailler ou diminuer votre activité professionnelle ? Pouvez-vous être rémunéré pour cette aide apportée ? Sous certaines conditions, oui : vous pouvez devenir aidant familial salarié. Voici comment.

Vous êtes considéré comme aidant familial si vous apportez une aide humaine à : 

  • votre conjoint, concubin(e), partenaire de Pacs,
  • votre ascendant (père, mère),
  • votre descendant (fils, fille),
  • votre “collatéral” (cousin(e), neveu, nièce, oncle ou tante…) jusqu’au quatrième degré, 
  • une personne avec qui vous entretenez des liens “étroits et stables”.

C’est du moins la définition du Code de l’action sociale et de la famille(1).

Être aidant familial : un “deuxième travail”... souvent bénévole

Concrètement cette aide peut se traduire de nombreuses manières, et porter sur : 

  • les activités domestiques : les courses, le ménage, les repas…,
  • un soutien moral : écouter, soutenir, rassurer, 
  • les démarches administratives, le suivi des comptes et des factures,
  • des visites et des appels pour vérifier que tout va bien, 
  • la conduite ou l’accompagnement dans les déplacements,
  • la prise des rendez-vous médicaux, la coordination des intervenants (aides à domicile, infirmiers etc.),
  • la toilette, les soins, la prise des médicaments,
  • une aide financière.

Tout ceci prend du temps, et la majorité des aidants familiaux assument cette responsabilité en plus de leur vie de famille, de leur emploi… 8 aidants sur 10 admettent avoir des difficultés à concilier aidance et travail !

C’est votre cas ? Que cette situation vous conduise à arrêter de travailler, réduire votre temps de travail, ou tout simplement à être dédommagé pour votre temps, voici comment vous allez pouvoir vous faire rémunérer en tant que proche aidant.

Aides financières

Apa, PCH, ARDH… Tout savoir sur les aides disponibles et comment en bénéficier.

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Salaire, indemnisation, allocation : les différentes options pour être rémunéré en tant que proche aidant

Selon la situation, vous disposez de 6 options pour toucher une rémunération d'aidant familial : 

  1. un salaire via l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) à domicile, si votre proche bénéficie cette aide dédiée aux personnes âgées en perte d’autonomie,
  2. un salaire via la PCH (prestation de compensation du handicap), si votre proche touche cette aide visant les personnes en situation de handicap,
  3. un dédommagement via la PCH (majoré si vous réduisez ou arrêtez votre activité professionnelle) si votre statut vous empêche de recevoir un salaire,
  4. une allocation pour les jours de congé de proche aidant “posés” pour vous occuper de votre proche (l’AJPA),
  5. une allocation pour les jours passés auprès de votre proche en fin de vie (l’AJAP, qui vous est versée lors de votre congé de solidarité familale),
  6. un salaire “sur fonds propres”, versé librement par votre proche mais sans aucune aide pour le financer.

Bon à savoir

Même dans ce dernier cas, votre proche pourra bénéficier du crédit d’impôt pour l’aide à domicile, à hauteur de 50% des sommes dépensées pour vous rémunérer.

En savoir plus sur le crédit d’impôt à domicile

Les 6 possibilités de rémunération d’un aidant familial : montants et conditions

Type de rémunérationStatut de l'aidantRémunération horaire ou journalièreRémunération mensuelle maximaleConditions d'accès
Salaire via l'APA(Allocation Personnalisée d'Autonomie)SalariéAu moins le SMIC (12,02 € brut de l’heure en 2026) ou le tarif conventionnel de la branche des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile (12,24 € au 1er avril 2025).Plafonnée par le plafond maximum du plan d'aide APA défini pour la personne aidée.Le proche aidé bénéficie de l’APA
Salaire via la PCH (Prestation de Compensation du Handicap)SalariéDans un enveloppe de 19,34 € de l'heure (au 1er janvier 2026), incluant les charges patronales et salariales.Plafonnée par le plan d'aide (dépend du volume d'heures validé par la MDPH).Le proche aidé bénéficie de la PCH
Dédommagement via la PCHDédommagé4,78 € nets de l'heure (au 1er janvier 2026).1 231,15 €Le proche aidé bénéficie de la PCHL’aidant ne peut pas être salarié
Dédommagement majoré via la PCHDédommagé7,16 € nets de l'heure (au 1er avril 2025).1 477,38 €Le proche aidé bénéficie de la PCHL’aidant ne peut pas être salariéL'aidant doit justifier avoir réduit ou abandonné son activité professionnelle.
AJPA (Allocation Journalière du Proche Aidant)Allocation 66,64 € par jour.1 447,60 € (dans la limite de 22 jours indemnisés par mois).L'aidant doit suspendre ou réduire son activité.
Le proche aidé doit présenter une perte d'autonomie (GIR 1-4) ou un incapacité ≥ 80 %.
AJAP (Allocation Journalière d'Accompagnement d'une Personne en fin de vie)Allocation 64,93 € brut par jour.1 363,53 € (montant total maximum, versé pour une durée maximale de 21 jours).L'aidant doit suspendre ou réduire son activité pour accompagner un proche en fin de vie.
Salaire “sur fonds propres” (sans aide financière pour prendre en charge la rémunération)SalariéAu moins le SMIC (12,02 € de l’heure en 2026) ou tarif conventionnel  (12,24 € au 1er avril 2025).Aucun plafond légal.-

Conjoint, enfant, frère ou sœur… À quelle rémunération pouvez-vous prétendre ?

Le lien de parenté entre l’aidé et son proche aidant est déterminant dans le type de rémunération de ce dernier : 

  • dans la plupart des cas, les conjoints ne peuvent pas être directement salariés (l’obligation alimentaire et le devoir de secours entre conjoints s’applique),
  • les parents et enfants ne peuvent généralement pas bénéficier d’un salaire via la PCH.
Type de rémunérationVous êtes conjoint, concubin ou partenaire de PACSVous êtes parent ou enfantVous êtes un autre membre de la famille (frère, sœur, neveu…) ou un(e) ami(e)
Salaire via l'APA NonOuiOui
Salaire via la PCH Non *.Non *Oui
Dédommagement via la PCH OuiOuiOui
AJPA OuiOuiOui 
AJAP Oui (à condition de partager le même domicile ou d'être désigné personne de confiance).OuiOui (frère, sœur, personne de confiance ou personne partageant le domicile).
Salaire “sur fonds propres” Oui (aucune restriction légale ne s'applique si la personne aidée paie sur ses propres deniers).OuiOui
* L'interdiction de salarier son conjoint, son père, sa mère ou son enfant est exceptionnellement levée uniquement si la personne en situation de handicap nécessite une aide totale pour accomplir les actes de la vie quotidienne ou requiert une présence constante (ou quasi-constante).

Devenir aidant familial salarié : comment faire ? 

Avec l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie)

Si votre proche âgé est en perte d’autonomie, et évalué en GIR 1 à 4 à l’aide de la grille AGGIR, il peut bénéficier de l’allocation personnalisée d’autonomie. Et utiliser cette aide pour vous rémunérer en tant qu’aide à domicile sous certaines conditions.

Impossible pourPossible pourConditions à respecter
Salarier un conjoint (époux ou épouse, concubin(e), partenaire de PACS)- tout autre membre de la famille (fils, fille, frère, sœur, neveu ou nièce…)
- un(e) ami(e)
Justifier auprès du département du respect du plan d’aides APA : 
- volume d’heures rémunérées
- type(s) d’aide(s) apportée(s)

Le salaire est calculé en fonction du nombre d’heures d’aides, et du salaire horaire qui est le plus favorable entre le SMIC (12,02 € bruts en 2026) et le salaire minimum de la convention collective des services à domicile (12,24 € bruts au 1er avril 2025).

Exemple de salaire via l’APA

Hélène aide son père André, bénéficiaire de l’APA. Dans le plan d’aide d’André, 25 heures d’aide à domicile sont prévues, dont Hélène va désormais s’occuper. Son “salaire APA” sera de :  25 h × 12,24 € (le salaire horaire minimum conventionnel brut pour un salarié à domicile), soit 306,00 € bruts par mois (238,75 € nets).

Il faut ajouter à ce montant 10% de congés payés, donc dans le cas d’Hélène 262,75 € nets par mois.

Pour en savoir plus : Conditions d’attribution, montants, démarches… tout savoir sur l’APA à domicile

Avec la PCH (Prestation de compensation du handicap)

La PCH est accordée par la Maison Départementale des Personnes Handicapées. Son volet “aide humaine” permet de salarier (ou de dédommager, voir plus bas) un aidant familial pour l’aide qu’il apporte à son proche en situation de handicap.

Là encore il y a des exceptions et des restrictions : 

Impossible pourPossible pourConditions à respecter
- Le conjoint (époux ou épouse, concubin(e), partenaire de PACS)
- Un parent (père, mère) ou un enfant (fils, fille)
- Un proche retraité ou déjà salarié à temps plein
- Tout autre proche ou membre de la famille
- Le père, la mère, le fils ou la fille si la personne en situation de handicap nécessite une aide totale pour accomplir les actes de la vie quotidienne ou requiert une présence (quasi) constante.
Justifier auprès de la MDPH du respect du volet “aide humaine” du plan personnalisé de compensation :
- volume d’heures rémunérées
- type(s) d’aide(s) apportée(s)

Le tarif horaire pour une aide à domicile avec la PCH est de 19,34 € : cette somme est versée au bénéficiaire de la PCH, elle inclut les charges salariales et patronales. Sur cette base, votre salaire net sera de 14,35 € de l’heure.

Pour aller plus loin : Fonctionnement, montants, démarches : le guide de la PCH

Quelles sont les obligations du proche qui vous emploie ?

La personne aidée devient votre employeur et sera soumise à certaines obligations. Elle doit donc:

  • établir et signer un contrat de travail 
  • déclarer votre emploi auprès de l’Urssaf, comme dans le cadre d’une embauche normale
  • répondre à toutes les obligations salariales : bulletin de paie, formations, congés…
  • payer les cotisations patronales et salariales
  • déclarer, dans le cadre de l’APA, votre emploi auprès du Conseil départemental (nombre d’heures réalisées, type d’aide apportée…).

Bon à savoir

Toutes ces démarches peuvent être faites au moyen du Cesu déclaratif.
En employant un aidant familial, la personne âgée pourra bénéficier des mêmes avantages fiscaux qu’en embauchant une aide à domicile.

Tout savoir sur le Cesu

Être salarié : quelles conséquences pour l'aidant ?

Un “vrai” salaire, imposable et donnant droit à la retraite

En tant qu’aidant familial salarié : 

  • votre salaire d'aidant sera imposable,
  • vous avez droit à la protection sociale : Sécurité sociale et complémentaire santé,
  • vous acquérez des trimestres de retraite.

Devenir aidant familial salarié : des risques à prendre en compte

Même si le statut d'aidant salarié peut comporter de nombreux avantages, il est important de bien peser le pour et le contre avant de devenir aidant salarié, aussi bien pour vous que pour la personne âgée en perte d’autonomie. En effet, devenir aidant salarié peut entraîner dans certains cas un déséquilibre de votre famille notamment à cause du lien de subordination qu'entraîne ce statut.

Si vous êtes en activité professionnelle, vous devez surtout :

  • penser à bien mesurer la perte de revenus, car les plans d’aide APA sont plafonnés ;
  • être conscient du risque d'isolement et du changement de votre vie sociale ;
  • vous assurer de respecter les règles en matière de cumul d’emplois (si vous continuez à travailler en parallèle de l’aide rémunérée à votre proche);
  • anticiper votre retour sur le marché du travail.

Dédommagements et allocations : d’autres façons d’être proche aidant et rémunéré

Le dédommagement via la PCH

Si votre proche est en situation de handicap et qu’il bénéficie de la PCH, vous verser un salaire peut s’avérer impossible si vous êtes : 

  • à la retraite,
  • en couple avec le proche aidé,
  • son parent ou son enfant.

L’alternative dans ce cas ? Le dédommagement avec la PCH, qui n'est donc pas un salaire, mais une “simple” somme d’argent.

Son montant est fixé à 50 % du Smic horaire net applicable aux emplois familiaux, soit au 1er janvier 2026 :

  • 4,78 € nets de l'heure (1 231,15 € au maximum par mois) si vous travaillez “normalement” en parallèle,
  • cette somme est majorée de 20%, à 7,16 € nets de l'heure (1 477,38 € au maximum par mois) si vous avez été amené(e) à réduire ou arrêter votre activité professionnelle pour aider votre proche, auquel cas.

Ce dédommagement n’est pas imposable, mais vous devez néanmoins le déclarer : 

  • à l’URSSAF, pour régler les cotisations sociales qui s’appliquent,
  • à la MDPH, pour préciser votre identité et le lien qui vous lie à la personne aidée.

Bon à savoir

Si vous disposez déjà de la prime d’activité, bénéficier du dédommagement PCH est susceptible son versement est susceptible d’en suspendre le versement.  Vérifiez si le total de vos revenus avec le dédommagement PCH ne dépasse pas le plafond annuel réglementé.

L’AJPA : une allocation pour les jours passés auprès de votre proche

Depuis la loi d’adaptation de la société au vieillissement de décembre 2015(2), le congé de proche aidant permet à tout salarié de bénéficier de jours de congés pour s’occuper d’un proche en perte d’autonomie. Un congé d’une durée de trois mois, renouvelable, que vous pouvez aussi prendre en “fractionné” (par périodes d’une demi-journée minimum) ou à temps partiel.

Ce congé “suspend” votre contrat de travail, et donc aussi votre rémunération. Pour prendre le relais, vous pouvez demander l’AJPA (Allocation Journalière de Proche Aidant) auprès de votre Caisse d’Allocations Familiales (CAF), ou de la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Sur un mois complet, elle se monte à 1 466,08 € (au 1er janvier 2026).

Type de congé Allocation de baseMaximum de jours indemnisés par mois
Congé de proche aidant à temps plein66,64 €/jour22
Congé de proche aidant  à temps partiel33,32 € par demi-journée22 (44 demi-journées)

Bon à savoir

Vous disposez d’une “réserve” de 66 jours d’AJPA au total pour accompagner un proche, et vous pourrez en bénéficier pour accompagner jusqu’à 4 proches différents si besoin (soit 264 jours d’AJPA en cumulé).

L’AJAP : pour être auprès d’un proche en fin de vie

Si votre proche : 

  • souffre d'une pathologie mettant en jeu son pronostic vital, 
  • ou se trouve en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable,

vous pouvez demander à votre employeur de bénéficier d’un congé de solidarité familiale, afin d’être auprès de votre proche pour une durée de 30 jours (prolongeable jusqu’à 60 jours).

Comme dans le cas d’un congé de proche aidant, ce congé n’est pas rémunéré. Mais il est indemnisé par l’Assurance Maladie avec l’allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie (AJAP). 

Son montant : 

  • 64,41 € par jour, pour 21 jours maximum indemnisés (pour un congé pris ) temps plein),
  • 32,21€ par jour pour 42 jours maximum indemnisés (congé à temps partiel)
  • soit un total de 1 352,61 € maximum (au 1er avril 2025).

Pour en savoir plus : Les conditions, les démarches… tout savoir sur le congé de solidarité familiale et l’AJAP

(1) Article R245-7 du Code de l’action sociale et des familles

(2) Article 53 de la loi n° 2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l'adaptation de la société au vieillissement


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