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Pour tout connaître sur le congé de proche aidant, suivez le guide

Crée le : 19/02/2021 · Mis à jour le : 27/05/2026 11:59:16 · Temps de lecture : 4 minutes

Le congé de proche aidant est désormais indemnisé. Cette avancée pour les aidants pourrait inciter de nombreux salaries, qui boudaient ce droit jusqu’à présent, à en faire la demande. Le point sur ses contours et les formalités à accomplir.

Pour gagner en sérénité dans leur vie professionnelle, pour aider un proche sans compromettre revenus ni carrière, le congé de proche aidant nouvelle version offre un soutien de taille aux aidants. Et doit permettre in fine d’éviter absentéisme, démotivation et baisse de productivité.

Instauré par la loi d’adaptation de la société au vieillissement de décembre 2015 (article 53), le congé de proche aidant est venu remplacer l’ancien congé de soutien familial. Il est entré en vigueur en janvier 2017. Un premier pas qui a permis d’élargir la définition des aidants (le congé de soutien familial n’était possible que si le salarié apportait son aide à un membre de sa famille) et d’inclure plus de personnes aidées.

Une plus grande souplesse, mais une perte de ressource temporaire pour le salarié : aussi, selon une enquête parue au printemps 2017, peu de salariés aidants souhaitaient bénéficier du congé, qu’ils percevaient malgré tout comme « une bonne solution ».

Mais comme l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn l’avait promis, le congé de proche aidant est indemnisé depuis le 1er octobre 2020 dans le cadre de la stratégie Agir pour les aidants 2020 - 2022, par l’allocation journalière de congé de proche aidant (AJPA). Cette prestation sociale s'élève à hauteur de 58 euros nets par jour. Les demandes ont donc de grandes chances de se multiplier. L’employeur n’a pas le droit de le refuser, sauf si le demandeur ne remplit pas les conditions requises (voir plus bas).

La demande d’AJPA doit être effectuée directement par le salarié auprès de la Caisse d’allocations familiales, elle n’est pas du ressort de l’entreprise. Le formulaire de demande à transmettre aux salariés


Télécharger le guide - concilier vie professionnelle et rôle d’aidant

Quels salariés sont concernés ?

Tout salarié qui apporte une aide « régulière et fréquente » à une personne âgée ou handicapée, à titre non professionnel, pour « accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne ».

La personne aidée peut donc être son conjoint, son parent, son enfant, un autre membre de sa famille ou de sa belle-famille, un voisin, un proche… Elle doit résider en France de façon stable et régulière.

Depuis janvier 2020, l’ancienneté n’est plus prise en compte pour accorder ou non le congé (loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020).

Quelle durée pour le congé ?

En l’absence de dispositions conventionnelles spécifiques, la durée du  congé est limitée à trois mois, renouvelables, dans la limite d’un an sur la totalité de la carrière du salarié.

Pendant la durée du congé, le contrat de travail du salarié est suspendu. Il ne peut exercer aucune autre activité professionnelle.

Bon à savoir

Le congé de proche aidant ne peut être imputé sur le congé payé annuel. Sa durée est en revanche prise en compte pour le calcul de l’ancienneté.

Quelles différences avec les autres congés pour aidants familiaux ?

Outre le congé de proche aidant, un aidant peut selon la situation recourir au congé de solidarité familiale ou au congé de présence parentale. Voici ce qui les différencie.

Congé de proche aidant (CPA)Congé de solidarité familiale (CSF)Congé de présence parentale (CPP)
ObjectifS'occuper d'une personne en perte d'autonomie.Assister un proche en fin de vie.S'occuper d'un enfant dont l'état de santé nécessite une présence soutenue.
Bénéficiaires- Salariés (secteur privé ou public),
- travailleurs indépendants,
- demandeurs d'emploi indemnisés.
- Salariés (privé ou public),
- travailleurs indépendants,
- demandeurs d'emploi.
Salariés ou agents publics ayant la charge de l'enfant.
Lien avec la personne aidée- Conjoint,
- ascendant, descendant, collatéral jusqu'au 4e degré (ou celui du conjoint),
- personne avec laquelle le salarié réside ou entretient des liens étroits et stables.
- Ascendant, descendant, frère, sœur,
- conjoint,
- personne ayant désigné le salarié comme personne de confiance.
Enfant à charge de moins de 20 ans.
Condition médicale- Handicap (taux d’incapacité ≥ 80%),
- ou perte d'autonomie (Gir 1, 2 ou 3) nécessitant une aide régulière.
- Pathologie mettant en jeu le pronostic vital,
- ou phase avancée/terminale d'une affection grave et incurable.
État de santé rendant indispensable une présence soutenue et des soins contraignants :
- maladie,
- handicap,
- ou accident d'une « particulière gravité ».
Durée du congé- Maximum 3 mois, renouvelable,
- limite de 1 an sur l'ensemble de la carrière.
- Maximum 3 mois, renouvelable une fois (soit 6 mois au total),
- prend fin 3 jours après le décès.
- Réserve de 310 jours ouvrés à utiliser sur une période de 3 ans,
- renouvelable en cas de rechute ou de gravité persistante.
Formes du congé- Continu,
- fractionné,
- ou temps partiel (avec accord employeur).
- Continu,
- fractionné,
- ou temps partiel (avec accord employeur).
- Continu,
- fractionné,
- ou temps partiel.
Indemnisation du congé- AJPA (Allocation journalière du proche aidant),
- limitée à 66 jours par personne aidée (max 264 jours sur la carrière).
- AJAP (Allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie),
- limitée à 21 jours (ou 42 jours à temps partiel).
- AJPP (Allocation journalière de présence parentale),
- dans la limite de 22 jours/mois pendant la durée du congé.

Quelles formalités doit accomplir le salarié ?

Sauf dispositions conventionnelles, le demandeur doit adresser sa demande à l’employeur en précisant la date souhaitée pour le départ en congé et éventuellement sa volonté de fractionner le congé ou de le transformer en temps partiel (voir ci-dessous).

Cette demande doit être transmise au moins un mois avant la date de départ souhaité, par tout moyen permettant de justifier la date de la demande (courrier, email…).

Elle doit être accompagnée d’un certain nombre de pièces justificatives :

  • Une déclaration sur l’honneur attestant de son rôle d’aidant
  • Une déclaration sur l’honneur que le salarié n’a pas bénéficié du congé auparavant ou attestant de la durée des congés de proche aidant précédemment pris
  • Un justificatif de la perte d’autonomie du proche aidé (décision d’attribution de l’allocation personnalisée d’autonomie avec classement en Gir 1, 2 ou 3 ; ou décision justifiant d'un taux d'incapacité permanente au moins égal à 80 %).

Bon à savoir

Le salarié a droit à un entretien professionnel avant son départ en congé.

S’il souhaite renouveler le congé, le demandeur doit en aviser son employeur au moins 15 jours avant la date de fin prévue, par tout moyen permettant de justifier la date.

En savoir plus : Modèle de demande de congé de proche aidant

Un congé immédiat en cas d’urgence

Sont considérées comme des situations d’urgence :

  • Une dégradation soudaine de l’état de la personne aidée (certificat médical à l’appui) ;
  • Une situation de crise (également justifiée par certificat médical) ;
  • Un départ soudain de l’établissement où résidait la personne aidée (sur attestation du responsable d’établissement).

Dans l’une de ces situations, le départ en congé peut être immédiat.

Fractionné, temps partiel : un congé modulable

La loi offre au salarié la possibilité de transformer le congé en période d'activité à temps partiel ou de le fractionner (par périodes d’une demi-journée au minimum).

Il doit cependant obtenir l’accord de son employeur.

Une fois cette demande acceptée, le salarié est tenu d’avertir l’employeur au moins 48 heures avant chaque date où il souhaite prendre chaque période de congé (hors situations d’urgence).

Comment est indemnisé ce congé ?

Le temps du congé, le contrat de travail du salarié est suspendu : le congé de proche aidant n’est donc pas rémunéré. En revanche, il est indemnisé par le biais de l’allocation journalière de proche aidant (AJPA). 

L’AJPA : 66 jours d’allocation pour être auprès d’un proche

Comme son nom l’indique, l’AJPA correspond à une indemnisation versée pour chaque jour de congé pris auprès de son aidé : 

  • soit de 66,64 €* par journée complète (22 au maximum par mois),
  • soit de 33,32 €* par demi-journée (44 au maximum par mois),
  • pour un total maximal de 1 466,08 €* par mois.

Comme le congé de proche aidant est limité à 3 mois, l’AJPA est versé pour 66 jours au maximum.

Comment demander l’AJPA

Pour effectuer une demande d’AJPA, rendez-vous :

Quels sont les droits du salarié à son retour de congé ?

Le retour en poste avant la fin du congé peut être anticipé dans les situations suivantes :

  • Décès de la personne aidée ;
  • Entrée en établissement de la personne aidée ;
  • Diminution importante des ressources de l’aidant ;
  • Recours à un service d'aide à domicile pour soulager l’aidant ;
  • Remplacement par un autre membre de la famille, lui-même en congé de proche aidant.

A son retour de congé, le salarié conserve tous les avantages acquis auparavant. Il doit retrouver son poste, ou un poste similaire, ainsi qu’une rémunération au moins équivalente.

Il a également droit à un entretien professionnel.

Le congé de proche aidant dans le Code du travail (le congé de proche aidant ne peut être imputé sur le congé payé annuel. Sa durée est en revanche prise en compte pour le calcul de l’ancienneté. (article L 3146-16 et suivants).


* montant au 1er janvier 2026


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