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Quelles sont les principales “démences” qui touchent les personnes âgées ?

Crée le : 17/02/2021 · Mis à jour le : 04/09/2026 11:47:25 · Temps de lecture : 3 minutes

Pertes de mémoire, baisse de l’attention, troubles du langage… On sait aujourd’hui que ce qu’on qualifiait autrefois de "démence sénile" n’est pas une conséquence “normale” de l’âge. Mais le stade avancé de maladies cognitives (Alzheimer, corps de Lewy, “démences” vasculaires) qui ne se soignent pas, mais qu’on peut prévenir ou ralentir. 

Démence, maladie neurocognitive, neurodégénérative… de quoi parle-t-on ?

Démence : un terme de moins en moins accepté

On a longtemps utilisé le terme de “démence” pour désigner le stade avancé de maladies ou lésions qui endommagent directement et indirectement le cerveau. Mais, si dans le monde anglophone, le mot "dementia" reste très utilisé, il est de moins en moins accepté, à la demande des personnes malades, de leur famille, des associations, et des professionnels. 

En effet, ce terme a une connotation très péjorative : dans le langage courant, un “dément” est une personne dangereuse pour elle-même et/ou son entourage, qu’il est nécessaire d’enfermer. Il évoque spontanément la folie.

Des troubles neurocognitifs majeurs, qui peuvent avoir plusieurs origines

Désormais, le terme médical en vigueur est "troubles neurocognitifs majeurs", selon la référence mondiale DSM-51.

Ces troubles sont la conséquence : 

  • de maladies neurodégénératives (maladies neurocognitives comme Alzheimer, la maladie à corps de Lewy, les dégénérescences fronto-temporales, mais aussi Parkinson dans certains cas),
  • de maladies avec malformations vasculaires (les "démences vasculaires"), 
  • d’intoxications chroniques à l’alcool ("démence alcoolique” ou syndrome de Korsakoff), 
  • d’intoxication au monoxyde de carbone, 
  • de cancers à petites cellules, 
  • de neurosyphilis, SIDA…

Alzheimer étant la maladie neurocognitive la plus répandue, on utilise aussi souvent le terme “Alzheimer et maladies apparentées” pour les désigner.

Un phénomène qui touche surtout les personnes âgées

Au stade des troubles cognitifs majeurs, les fonctions cognitives (mémoire, raisonnement, langage, attention, orientation, calcul …) sont sévèrement altérées. Ce phénomène touche en grande majorité les personnes âgées ; c’est pourquoi on parlait autrefois de “démence sénile”.

Mais il ne faut pas s’y tromper : cette “démence” relève bien d’une maladie et n’est pas une composante normale du vieillissement.

Maladies neurodégénératives

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Les différents types de “démences”

Les maladies neurocognitives : 

  • sont des maladies neurologiques, c’est-à-dire qu’elles affectent le fonctionnement du cerveau, du système nerveux central (l’encéphale et la moëlle épinière), ou du système nerveux périphérique (les nerfs et ganglions nerveux),
  • qui se caractérisent par une altération des fonctions cognitives, celles qui assurent notre capacité à percevoir, comprendre notre environnement et à réagir de manière adaptée. 
  • qui peuvent être dégénératives (évolutives et s’aggravant au fil du temps) ou non.
Infographie : les différents types de démences et leurs symptômes (Voir description ci-dessous)

<strong>Maladies neurocognitives : les principales « démences » qui touchent les personnes âgées</strong>. 1. <strong>Les maladies neurodégénératives (70 à 85% des cas)</strong> : <strong>Alzheimer (60 à 70% des cas)</strong> dont les principaux troubles et symptômes sont la Mémoire, le Langage, l'Orientation, l'Humeur et le comportement. <strong>Maladie à corps de Lewy (5 à 10% des cas)</strong> dont les principaux troubles et symptômes sont la Fluctuation des symptômes, l'humeur et le comportement, les Hallucinations et le Syndrome parkinsonien. <strong>DFT (dégénérescences fronto-temporales, environ 5% des cas)</strong> dont les principaux troubles et symptômes sont le Langage, l'Humeur et le comportement et l'Identification des objets et des personnes. 2. <strong>Les maladies non neurodégénératives (15 à 30% des cas)</strong>. <strong>Démences vasculaires (10 à 20% des cas)</strong> dont les principaux troubles et symptômes sont l'Organisation, l'Attention, l'Humeur et le comportement et la Mémoire. 3. Autres causes (5 à 10% des cas) : l'hydrocéphalie chronique de l'adulte, la maladie de Creutzfeld-Jakob et les démences alcooliques.

Les maladies neurocognitives dégénératives

Les maladies neurocognitives dégénératives concernaient 55 millions de personnes dans le monde en 20202. Elles se développent rapidement, au rythme d’un nouveau malade toutes les 3,2 secondes, et on comptera 153 millions de personnes atteintes en 20503.  On estime qu’entre 5 et 8 % des personnes âgées de 60 ans et plus seront atteintes à un moment donné.

La maladie d’Alzheimer

En France, 1,4 million de personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer. Elles seront 2,3 millions en 20504. Avec 60 à 70 % du total, c’est de loin la première cause de “démence”. 

Cette maladie neurodégénérative, diagnostiquée en moyenne vers l’âge de 70-72 ans, entraîne une détérioration d’abord lente, puis rapide, importante et définitive des cellules nerveuses (neurones) du cerveau, qui se traduit par : 

  • des troubles de la mémoire, en particulier la mémoire à court terme dans les premiers stades de la maladie,
  • des troubles du langage (aphasie),
  • des troubles du comportement (irritation, agitation, ou à l’inverse apathie),
  • une apraxie (perte des gestes auparavant maîtrisés),
  • une désorientation spatio-temporelle,
  • une agnosie (incapacité à reconnaître des objets, des visages, des sons…).

Pour en savoir plus : Maladie d'Alzheimer : quel rôle dans la perte d'autonomie 

La maladie à corps de Lewy

La maladie à corps de Lewy représente 5 à 10 % des cas déclarés de maladies neurocognitives. Elle concerne entre 150 000 et 250 000 personnes en France5, et représente ainsi la deuxième cause de troubles neurocognitifs majeurs dégénératifs. Encore mal connue, elle est souvent mal diagnostiquée : 2 malades sur 3 ne seraient pas identifiés comme tels5.

Elle est due à des dépôts dits "à corps de Lewy" dans les neurones, et se déclare généralement après 50 ans. Ses principaux symptômes sont : 

  • des fluctuations dans les signes cliniques, modifications imprévisibles du niveau de concentration et d’éveil (une personne active et alerte peut soudainement avoir le regard perdu dans le vide, voire devenir somnolente),
  • des troubles cognitifs (de la perception visuelle ou spatiale, difficultés à réaliser plusieurs tâches en même temps, à trouver les mots justes, à avoir une suite d’idées logiques, à calculer…),
  • des hallucinations visuelles (et parfois auditives), récurrentes et très détaillées, pour environ 80 % des personnes malades,
  • des syndromes parkinsoniens (ralentissement, rigidité ou tremblement),
  • des troubles du comportement et de l’humeur (dépression dans 50 % des cas, apathie ou au contraire agitation, et anxiété), avec des épisodes d’agitation aiguë pendant le sommeil (cris, borborygmes, mouvements brusques, déambulation, chutes, violences verbales et physiques…), 
  • une hypersensibilité aux antipsychotiques (présente chez 80 % des personnes malades).

Pour aller plus loin : Symptômes, traitements, conseils : tout savoir sur la maladie à corps de Lewy  

Les dégénérescences fronto-temporales (DFT)

Les dégénérescences fronto-temporales (DFT) constituent un groupe de maladies neurodégénératives qui ont pour point commun l’atteinte progressive des lobes frontaux et temporaux du cerveau. On estime qu’elles  concernent 5 000 personnes en France.

Elles surviennent plus précocement qu’Alzheimer (entre 55 et 60 ans), et se présentent sous trois formes distinctes. La première (la forme comportementale) est la plus fréquente.

Formes de la DFTForme comportementale (maladie de Pick, autrefois appelée maladie lysosomale)Forme sémantiqueForme langagière(aphasie primaire progressive non fluente)
Symptômesperte du sens des convenances sociales,

perte d’empathie,

signes d’irritabilité ou d’agressivité

modification des habitudes alimentaires (gloutonnerie)

apathie (perte d’initiative et désintérêt)

obsessions (répétition de la même activité, du même mot…)

intolérance à la frustration
difficultés à l’identification d’objets et de personnes familières

psychorigidité

égocentrisme
perte de l’usage ou de la compréhension des mots

et/ou dysarthrie (difficulté à articuler)

en cas de présence de ces deux signes cliniques, troubles de l’écriture.

La “démence parkinsonienne” : un cas particulierLa maladie de Parkinson n’est pas une maladie neurocognitive en soi, mais une maladie neurodégénérative qui affecte principalement le contrôle des mouvements. Elle peut toutefois conduire à développer des troubles neurocognitifs majeurs chez 30 à 50 % des malades : troubles de l’attention ou du raisonnement, des fonctions exécutives (planifier ou organiser des tâches), apathie, voire troubles de la mémoire. 

Les maladies neurocognitives non-dégénératives

Les "démences" vasculaires

Les démences vasculaires sont liées à des anomalies de la circulation sanguine dues à des lésions des vaisseaux sanguins, qui provoquent un manque d'oxygénation de certaines zones du cerveau : la destruction des tissus privés d'oxygène est irréversible. Ces anomalies sont responsables de 10 à 20 % des troubles neurocognitifs majeurs, et peuvent être la conséquence : 

  • d’un AVC (la cause la plus fréquente des démences vasculaires),
  • d’infarctus multiples dans la zone cervicale,
  • de maladies dysimmunitaires (dérèglements du système immunitaire attaquant l'organisme),
  • de maladies génétiques et héréditaires (comme la maladie Cadasil),
  • de pathologies qui constituent des facteurs reconnus de risques cardiovasculaires (hypertension artérielle, diabète, dyslipidémie ou taux anormaux de lipides, comme le cholestérol, dans le sang).

À la différence des maladies dégénératives, dont l’évolution est progressive, les symptômes d’un démence vasculaire peuvent survenir brutalement, ou par à-coups : 

  • atteinte des fonctions exécutives (les capacités permettant d'organiser, planifier et raisonner), 
  • troubles de l'humeur et une modification de la personnalité (apathie, hyperémotivité, irritabilité, dépression, confusion),
  • déclin de la mémoire,
  • troubles de l’attention.

Les autres démences non-dégénératives

Moins répandues, d’autres maladies non-dégénératives peuvent conduire à des troubles neurocognitifs majeurs : 

  • l’hydrocéphalie chronique de l'adulte, 
  • la maladie de Creutzfeld-Jakob (la “maladie de vache folle”),
  • les intoxications chroniques à l’alcool (dont le syndrome de Korsakoff),
  • les intoxications au monoxyde de carbone,
  • les cancers à petites cellules, 
  • la neurosyphilis (complication grave de la syphilis s’attaquant au cerveau et à la moëlle épinière), 
  • le SIDA…
Essentiel Alzheimer. Informer. Orienter. Ecouter. Par la fondation Médéric Alzheimer

Mieux comprendre la maladie d’Alzheimer

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Comment prévenir les maladies neurocognitives chez les personnes âgées

C’est un trait commun des maladies neurocognitives menant à la “démence” : il n'existe pas de traitement (à ce jour) permettant de les guérir.

Il est cependant possible : 

  • d’éviter ou de retarder la survenue de la maladie (par la prévention, et l’adoption de meilleures habitudes de vie),
  • d’en ralentir l’évolution.  

Même si l’âge est le principal facteur, des études épidémiologiques6 ont montré qu’il existait un lien entre le risque d’apparition d’une maladie neucognitive et : 

  • l’environnement dans lequel on vit (pollution, accès à l’éducation…) 
  • le mode de vie (sédentarité, tabagisme, habitudes alimentaires…).
Infographie n°1 : 14 facteurs de risque des maladies neurocognitive (voir description ci-dessous)

<strong>MALADIES NEUROCOGNITIVES : 14 FACTEURS DE RISQUE</strong>. En agissant collectivement (choix de société) ou individuellement (habitudes de vie) sur ces 14 facteurs « modifiables » on peut prévenir l’apparition de la maladie. Avant 45 ans : Faible niveau d’éducation

Infographie n°2 : 14 facteurs de risque des maladies neurocognitive (voir description ci-dessous)

Entre 45 et 65 ans : Perte de l’audition, « Mauvais » cholestérol, Traumatisme crânien, Obésité <br>Hypertension artérielle, Consommation excessive d’alcool

Infographie n°3 : 14 facteurs de risque des maladies neurocognitive (voir description ci-dessous)

Après 65 ans : Tabagisme, Isolement social, Pollution aérienne, Dépression, Inactivité physique, Diabète, Perte de la vision

Ces facteurs de risques dits “modifiables” ne dépendent pas tous de nos choix individuels. Mais on peut agir sur certains d’entre eux.

Par l’hygiène de vie

Afin de minimiser le risque d’apparition d’une maladie neurocognitive, il est conseillé : 

  • de pratiquer une activité physique régulière
  • d’adopter une alimentation équilibrée et bénéfique pour les cellules nerveuses du cerveau (régime méditerranéen, régime MIND),
  • d’arrêter de fumer et de limiter sa consommation d’alcool.

Par un suivi de santé régulier

Certains soucis de santé physique ou mentale offrent un terrain plus favorable à l’apparition des troubles cognitifs. Avec un suivi de santé régulier, on peut prendre rapidement les mesures qui s’imposent : 

Par des exercices de stimulation cognitive

Faire appel à la mémoire, au calcul, à la capacité de faire plusieurs choses à la fois, à l’orientation dans le temps et dans l’espace… : comme n’importe quelle faculté, nos fonctions cognitives peuvent s’entretenir, et le plus tôt (et le plus souvent) est le mieux !

Pour aller plus loin : Muscler son cerveau grâce à des exercices pratiques : jeux et activités spécial mémoire


1 5e édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, et des troubles psychiatriques en français, sorte d’encyclopédie des troubles mentaux pour les praticiens, les chercheurs et les pouvoirs publics.

2 Source : ADI Dementia facts and figures, Alzheimer’s Disease International, 2020

3 Source : Estimation of the global prevalence of dementia in 2019 and forecasted prevalence in 2050: an analysis for the Global Burden of Disease Study 2019, The Lancet, 2022 

4 Source : Prevalence of dementia in Europe, Alzheimer Europe, 2025

5 Source : La maladie à corps de Lewy, France Alzheimer

6 Source : Principaux repères sur la démence, OMS


Pour en savoir plus