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Le Cantou : à l’origine des unités Alzheimer en Ehpad

Crée le : 14/10/2026 · Mis à jour le : 15/10/2026 17:03:25 · Temps de lecture : 2 minutes

Approche participative, familiale, à taille humaine : créés dans les années 1970, les Cantou ont été les pionniers de l’accueil de personnes atteintes d’Alzheimer ou de maladies apparentées. Le terme est encore utilisé pour désigner les unités du vie protégée ou unités Alzheimer qui ont pris leur suite en Ehpad.

Qu’est-ce qu’un Cantou ?

Les centres d'activités naturelles tirées d'occupations utiles (Cantou) ont été le tout premier modèle français d’hébergement adapté aux malades d'Alzheimer. Inspiré des « special care units » apparues quelques années auparavant aux États-Unis, le premier Cantou a vu le jour en 1977, sous l’impulsion de deux hommes : Gérard Caussanel, le directeur du foyer Émilie de Rodat à Rueil-Malmaison, et Louis Gallard, psychologue.

Un approche novatrice du grand âge

Leur approche ? Au lieu d'une prise en charge purement médicale et institutionnelle, un Cantou devait offrir aux résidents : 

  • un lieu de vie convivial autour d'une grande salle commune,
  • une participation active des habitants aux tâches de la vie quotidienne pour maintenir leur autonomie le plus longtemps possible,
  • avec un encadrement par des “maîtres (et maîtresses) de maison” (en moyenne 4 par Cantou),
  • et une implication forte des familles des résidents (personnaliser les chambres, participer au quotidien, s’impliquer dans le fonctionnement du Cantou…).

Les Cantou (dont le nom est tiré d’un mot occitan signifiant “coin du feu”) adoptaient donc une philosophie participative et familiale. Avec l’ambition de fournir un cadre de vie plus humain, pour tranquilliser les malades d’Alzheimer et leurs proches.

À quoi ressemble un  Cantou ?

Chaque Cantou comprenait, en principe : 

  • 12 chambres individuelles avec salle de bains et WC,
  • une salle commune pour préparer les repas, les partager, se reposer et passer la journée. 

La décoration et l'aménagement des chambres étaient à la discrétion des familles. Le libre choix du médecin demeurait possible. Le résident devait fournir son trousseau personnel. 

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Les Cantou, un modèle pour l’accueil des personnes atteintes de maladies neurodégénératives en maisons de retraite

À l’origine, les Cantou étaient physiquement séparés des maisons de retraite traditionnelles. Mais des années 1980 à 2000, Alzheimer et les maladies apparentées sont devenues un enjeu de santé publique majeur.

Face à l'augmentation des besoins liés aux troubles cognitifs, le modèle du Cantou s'est imposé comme un modèle à suivre, et a commencé à se développer directement à l'intérieur des établissements d'hébergement classiques.

Dans un rapport fondateur, publié en 2000, le professeur Jean-François Girard recommande : 

  • la création d’unités spécifiques en institution de 10 à 15 places au sein des maisons de retraite classiques, inspirées des Cantou, afin de permettre une déambulation libre et protégée sans perturber les autres résidents,
  • le développement massif de solutions d'accueil de jour et temporaire, pour y proposer des programmes de stimulation de la mémoire et des fonctions cognitives pour freiner leur déclin. 

Depuis 2008, de nouveaux dispositifs remplacent le Cantou

À la suite du rapport Girard, le Plan Alzheimer 2008-2012, a structuré l'offre d’accueil des personnes atteintes de troubles cognitifs. Cet accueil s’organise aujourd’hui autour de 3 dispositifs : 

  • les Pasa (pôles d’activités et de soins adaptés), un accueil de jour pour des malades qui pour l’essentiel ont une chambre dans la partie “conventionnelle” de l’Ehpad,
  • les UHR (unités d’hébergement renforcé), unités très encadrées et sécurisées, pour les personnes qui présentent d’importants troubles du comportement et peuvent représenter un danger pour elles-mêmes ou pour les autres,
  • les unités de vie protégée (UVP, aussi appelées unités Alzheimer), qui ne sont curieusement pas explicitement codifiées dans le Plan Alzheimer 2008-2012, mais constituent l’accueil “standard” pour les personnes malades d’Alzheimer qui ne présentent pas de troubles du comportement préoccupants.

Depuis “l’époque Cantou”, l'approche s'est donc davantage médicalisée, avec des équipes pluridisciplinaires formées spécifiquement au traitement des troubles cognitifs (infirmiers, aides-soignants, psychomotriciens, ergothérapeutes) et une architecture hautement sécurisée (digicodes, parcours de déambulation…).

Elle a permis de multiplier par 7 le nombre de personnes atteintes de maladies neurocognitives en maison de retraite : de 9 500 places en 2003, on est passé à 68 200 en 2019. 

Pour aller plus loin : Comment sont accueillis les malades d’Alzheimer en Ehpad ?


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