Comment conserver une vie sociale tout en aidant un proche ?

Lorsque l’on s’occupe d’un proche fragilisé par la maladie, le handicap ou l’âge, on va cumuler les responsabilités qui vont peu à peu prendre le pas sur nos relations avec les autres. Pourtant, une vie sociale épanouie serait le premier facteur de longévité selon la chercheuse Julian Hold Hunstad. Mais alors, comment faire pour réussir à tout combiner ?

Comment conserver une vie sociale en tant qu'aidant

Pourquoi le fait d’être aidant m’isole?

« Je n’ai pas le temps ». Voilà une phrase que l’on entend souvent dans la bouche des aidants. Comme vous conciliez votre rôle d’aidant avec vos tâches quotidiennes, et même parfois une activité professionnelle, vous avez sans doute peu de temps pour vous. C’est un peu comme cumuler deux métiers à plein temps finalement !

 

Pour des raisons économiques ou par manque d'envie

En plus du manque de temps, on peut aussi avoir du mal à maintenir une vie sociale parce-que la plupart des loisirs ont un coût, que l’on vive en ville ou à la campagne. Encore faut-il pouvoir se payer ce plaisir. Mais aussi, selon son lieu de vie, les possibilités peuvent être restreintes.

Il y a aussi des raisons d’ordre affectif et moral. Lorsque l’on vit une situation d’aide, on peut perdre l’envie de sortir, de communiquer…  Parfois, on sent comme un décalage entre nos préoccupations et celles de nos amis, qui peuvent nous sembler futiles à côté de ce que l’on vit. Ou encore, le manque de temps nous a fait perdre le lien avec nos amis et l’effort à fournir pour créer de nouveaux liens nous semble trop important. Plus l’on s’isole, plus l’on perd confiance en soi.

 

Parce qu'on s'éloigne involontairement

Certains amis s’éloignent, aussi, par peur du malheur et de la difficulté. Ou parce qu’ils ne savent plus quoi nous dire et se sentent démunis face à notre situation.

Enfin, on peut soi-même se priver de tout loisir, par devoir. Parce qu’on se sentirait coupable de partir s’aérer la tête plutôt que de rester auprès de notre proche souffrant. Parce que l’on intériorise une certaine pression sociale, qui nous dicte d’être un aidant dévoué pour notre proche et de tout faire pour qu’il soit au mieux...

Il est crucial (mais difficile !) de dépasser ce sentiment de culpabilité : vous avez le droit d’avoir des activités extérieures, plaisantes, épanouissantes et enrichissantes socialement. Ce sera même bénéfique pour votre relation avec votre proche.

 

Une vie sociale, la clé pour les aidants?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plusieurs études scientifiques ont prouvé qu’une vie sociale épanouie est facteur de bonne santé physique.

La chercheuse Julian Hold Hunstad[1] nous dit entre autres, que l’intégration sociale et le soutien social sont les premiers facteurs de longévité chez l’être humain – loin devant l’activité physique !

Le fait d’échanger avec d’autres, de sortir, d’avoir des activités de pur détente… permet aussi - c’est assez évident - de limiter le stress et la rumination. Cela joue donc sur notre santé psychique.

 

Besoin de soutien ?

Des dispositifs existent pour soutenir les personnes qui aident un proche régulièrement : groupes de parole, formation, café des aidants... Retrouvez les solutions de soutien dans cet article.

 

Dans votre rôle d’aidant, maintenir une vie sociale aidera également à garder une bonne relation avec le proche que vous accompagnez. En effet, quand on vit des choses à l’extérieur, la relation avec le proche qu’on aide est plus sereine, on a des choses nouvelles à se raconter… Il est important que, chacun de votre côté, vous puissiez sentir que vous existez en tant qu’individu à part entière, et pas uniquement au sein de ce duo aidant/aidé.

 

Et puis, parler de sa situation d’aidant avec quelqu’un d’extérieur, c’est très soulageant. D’abord parce qu’en parlant de nos émotions, on se décharge d’un poids. Et surtout, en verbalisant ce qu’on ressent, on comprend mieux ses émotions difficiles et leurs causes. Le dialogue peut vous aider à avancer dans vos réflexions, à prendre du recul, à prendre une décision difficile, ou à envisager des pistes de changement.

 

Ces moments de vie sociale sont avant tout indispensables pour vous permettre de vous changer les idées, de vous extraire pour un temps des préoccupations liées à la situation de votre proche. On a tous besoin de moments de joie, de légèreté, de bols d’air, d’espaces où l’on oublie nos devoirs, où l’on éprouve notre liberté, où l’on s’épanouit.

 

Socialiser, je veux bien mais comment faire?

Avant toute chose, l’important est de bien définir vos centres d’intérêt et de trouver votre rythme.

  • Fixez-vous d’abord de petits objectifs, pour être certains de pouvoir les réaliser et ne pas baisser les bras en cours de route. Par exemple, en fonction de vos possibilités : se libérer 2 heures par week-end / 1 soirée tous les mois…

 

  • Etudiez les possibilités de relais autour de vous : n’hésitez pas à solliciter un voisin, un ami, de la famille… L’entourage ne sait pas toujours comment aider, alors nombreux ne proposent rien mais en leur demandant, vous trouverez peut-être une personne volontaire pour prendre le relais de temps à autre !

 

  • Renoncez à la perfection. Certaines tâches ne sont pas forcément urgentes… Par exemple, vous pouvez envisager de faire le ménage moins souvent. C’est un état d’esprit à adopter : considérez votre vie sociale comme faisant partie de vos priorités, et non comme quelque chose d’optionnel. 

 

Pour socialiser et s’évader, il y a plusieurs options…

Il est toujours utile de s’informer auprès des collectivités et des associations locales sur les activités proposées autour de chez vous. Ils pourront également vous renseigner sur les dispositifs d’aide éventuels (aide au financement du transport ou de l’activité en elle-même).

Bien sûr, il existe mille possibilités, à inventer en fonction de vos centres d’intérêt et des opportunités près de chez vous :

  • Faire du sport,
  • Prendre des cours de musique,
  • Prévoir des sorties culturelles,
  • Jardiner,
  • S'inscrire à un club ou une association, etc...

 

Enfin, si vous n’aimez pas les activités en groupe : discuter avec son voisin, son boulanger, son pharmacien… ça compte aussi !

Vous pouvez également trouver des activités en lien direct avec votre rôle d’aidant. Ces activités vous permettront de rencontrer des gens qui vivent une situation similaire à la vôtre : partager vos difficultés, sentir que vous n’êtes pas seul… Malheureusement, selon les départements, les solutions peuvent être très différentes.

Si votre planning n’est pas très souple, vous pouvez privilégier en premier lieu des solutions à distance comme les lignes d’écoute et de partage entre pairs, les forums de discussion en ligne ou les sites de témoignages. 

 

l'association Avec nos proches 

Vous pouvez contacter notamment l’association Avec nos Proches, un numéro anonyme animé par des anciens aidants. Car ils sont passés par là et qu'ensemble on est plus fort, cette ligne d'écoute, de partage et d'information vous apporte du soutien quand vous en ressentez le besoin. Contactez un écoutant au 01.94.72.84.72 (cout d’un appel local), tous les jours de 8h à 22h.

 

Si vous souhaitez rencontrer d'autres personnes dans votre situation, tournez-vous vers des rencontres physiques entre aidants, il existe certainement près de chez vous un lieu dédié aux aidants : café des aidants, groupe de parole, formations... 

 

Guide des aidants : 7 astuces

 

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