Proche handicapé : comment aménager et adapter son lieu de vie ?

Proche handicapé : comment aménager et adapter son lieu de vie ?
Crée le : · Mis à jour le : 30/04/2021 11:01:46 · Temps de lecture :
5 minutes

Pour favoriser le maintien à domicile d’un proche en situation de handicap il faut souvent en passer par quelques travaux. Nos conseils pour faire de chaque pièce de la maison un lieu bien aménagé, sécurisé et adapté à son handicap.

Adapter le domicile : à quoi faire attention selon le handicap de son proche ?

Votre proche est en fauteuil roulant

Chaque pièce de la maison doit être accessible en fauteuil : il faut faciliter la circulation, simplifier l’accès aux pièces essentielles (toilettes, chambre, salle de bain) et rendre  chaque geste du quotidien réalisable sans aide.

Le maintien à domicile d’une personne à mobilité réduite (PMR) demandera donc quelques travaux d’aménagements plus ou moins onéreux, en particulier dans des “zones de danger” comme l’escalier ou la salle de bains.

Pour vous guider dans ces réaménagements, voici quelques normes PMR (Personne à Mobilité Réduite) “pratiques”  à connaître :

  • placez le mobilier, les interrupteurs ou encore les objets usuels à une hauteur comprise entre 0,90 m et 1,30 m pour être accessible facilement,
  • ménagez un vide d’au moins 30 cm de profondeur, 60 cm de largeur et 80 cm de hauteur sous les tables, bureaux, etc.  pour permettre le passage des pieds et genoux d’une personne en fauteuil,
  • privilégiez les mobiliers à angles arrondis et à portes coulissantes,
  • installez des barres de maintien aux endroits stratégiques (toilettes, baignoire et douche).

Vous aidez un proche en situation de handicap ? Inscrivez-vous au programme

Votre proche est déficient auditif

La maison doit faciliter la perception des sons en évitant les sources de bruits nuisibles. Cela est possible, même sans faire de gros travaux.

  • Optez pour des appareils électroménagers silencieux : une machine à laver ou un lave-vaisselle trop bruyants créent des bruits parasites, sources de gêne quand on est déficient auditif même appareillé.
  • Privilégiez des espaces ouverts, comme la cuisine ou le couloir.
  • Équipez une pièce d’une boucle magnétique, qui permet une transmission des sons directement à l’appareil auditif sans perturbation avec les bruits ambiants, idéal pour écouter la TV ou la radio.
  • Pensez aux appareils conçus pour les personnes déficientes auditives : le téléphone à voyant, les amplificateurs portatifs personnels...

Enfin, pour regarder la TV sans mettre le volume à fond et déranger le voisinage, pensez aux casques bluetooth ou à fil branchés sur le téléviseur, et installez les sous-titres disponibles pour de nombreuses émissions et téléfilms.

Votre proche est déficient visuel

Pour une personne mal ou non voyante, la maison doit être aménagée pour mieux se repérer, et éviter ainsi les risques de chocs et/ou de chutes. Quelques points sont à surveiller :

  • la luminosité de la maison : essentiel pour bien se déplacer chez soi,  l’éclairage doit être uniforme dans toutes les pièces. Attention aux zones sombres ou éblouissantes !
  • les contrastes de couleurs : ils aident à mieux repèrer les objets ou obstacles,de la couleur des assiettes (unies de préférence), à l’agencement des objets (à choisir de couleurs opposées) en passant par les nez de marche sur lesquels on colle une bande de couleur,
  • les repères : ils sont essentiels. Respectez un système de rangement, pensez aux étiquettes écrites avec de gros caractères, aux boîtes ou corbeilles de rangement faciles à reconnaître…

Tous ces changements ou déplacements d’objets doivent être faits avec votre proche pour qu’il appréhende de lui-même son environnement quotidien et garde son autonomie.

Autonomie : quels équipements pour le maintien à domicile ?

Pièce par pièce : quels sont les pièges à éviter ?

C’est décidé : vous allez vous lancer dans quelques travaux pour rendre le domicile de votre proche handicapé plus adapté, plus sûr et plus confortable ? Voici les principaux points à examiner.

1. Les accès

  • Optez pour un éclairage extérieur automatique et uniforme qui limite les zones d’ombre et les risques de chute. Il sera pratique pour trouver ses clés, ouvrir facilement la porte d’entrée ou circuler dans le jardin sans danger.
  • Identifiez les problèmes d’accessibilité ou les éléments à risques : petites marches, seuil de porte, pots de fleurs...

2. L’entrée

  • Veillez à l’encombrement de l’espace : mieux vaut installer des meubles uniquement s’ils ne bloquent pas le passage. Ils doivent être accessibles et fonctionnels.
  • Limitez les éléments sur lesquels on peut trébucher ou glisser : tapis, seuil de porte…
  • Sécurisez la porte d’entrée : installation d’un portier vidéo, éclairage extérieur automatique...

3. Les escaliers

  • Sécurisez ce point, le plus à risques de la maison, avec un bon éclairage, des marches indiquées par une couleur contrastée...
  • Rendez l’escalier accessible : selon le handicap, il est possible d’installer une barre de maintien, une rampe ou un monte-escalier.

4. Le salon et la salle à manger

  • Déplacez les meubles inutiles ou gênants pour qu’ils ne soient plus dans le passage
  • Limitez les risques de chute en fixant les tapis, retirant les câbles électriques qui traînent…

5. La cuisine

  • Dans les rangements, facilitez l’accès aux ustensiles usuels : tout doit être à portée de main sans devoir monter sur un tabouret
  • Pensez aux appareils électroménagers simples et adaptés au handicap.

6. La chambre

  • Libérez le passage autour du lit pour limiter le risque de chute en cas de réveil pendant la nuit : supprimez les tapis, optez pour un éclairage à portée de main...
  • Améliorez le confort en privilégiant un lit adapté (bonne hauteur, mécanisation…)

7. La salle de bains

  • Prévenez les glissades en installant des tapis antidérapants.
  • Facilitez l’accessibilité : installation de barres d’appui, d’une douche à l’italienne ou d’une baignoire à porte pour personnes âgées et/ou handicapées, d’un lavabo à la bonne hauteur.

8. Les éclairages

  • En intérieur, optez pour un bon éclairage uniforme avec des interrupteurs accessibles à bonne hauteur.
  • En extérieur, l’éclairage peut être automatisé avec un détecteur de présence.

Perte d’autonomie : où trouver des conseils pour améliorer l’habitat ?

Comment faire appel à des professionnels spécialisés ?

Des professionnels sont là pour accompagner les personnes en situation de handicap et leurs proches à assurer le maintien à domicile. C’est le cas des ergothérapeuthes qui définissent le bon diagnostic adapté à votre situation. L’orthoptiste, spécialiste de la vue, vous aidera à comprendre les handicaps visuels et le bon aménagement.

Enfin, la caisse de retraite Argic-Arrco propose aussi des diagnostics “Bien chez soi” ainsi qu’un “appartement-témoin” pour visualiser tout ce qu’il est possible de faire pour faciliter le quotidien des personnes âgées. Et si les aménagements sont trop onéreux, des aides financières sont aussi possibles.

Comment bénéficier de conseils d'un ergothérapeute pour adapter son domicile ?

Si votre proche a un handicap cognitif ou psychique, engendrant des troubles de la mémoire, certaines astuces peuvent être utiles au quotidien : privilégiez par exemple la domotique pour que les lumières s'éteignent automatiquement, évitez l'utilisation du gaz... L'ergothérapeute pourra vous conseiller en fonction de la situation de votre proche et son lieu de vie.


Pour en savoir plus