Podomètres, bracelets, montres, piluliers ou tasses : les objets connectés font partie des technologies les plus prometteuses pour les seniors. Ils permettent en effet de suivre à distance l’état de santé des personnes âgées ou en perte d’autonomie, d’alerter aidants et soignants, et donc de favoriser le maintien à domicile.
Les Français vivent de plus en plus longtemps, et les seniors représentent une population de plus en plus nombreuse : de 12,6 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus en 2005 (1 Français sur 5), on passera à 22,3 millions en 2050 (1 Français sur 3).
Or ces seniors désirent, dans leur grande majorité, vieillir chez eux. Il s’agit donc, pour eux comme pour les aidants qui les accompagnent au quotidien, de trouver des solutions de maintien à domicile : rendre la maison plus sûre, et s’assurer que leur proche est en parfaite sécurité.
Et l’une des réponses à cet enjeu réside dans les objets connectés : en captant, stockant et transmettant des données (notamment liées à la santé), ces objets “intelligents” rendent moins indispensable la surveillance permanente d’une personne âgée ou en perte d’autonomie.

Objets connectés : de quoi parle-t-on, et comment ça marche ?
Qu’est-ce qu’un objet connecté ?
On parle indifféremment d’objet connecté ou d’objet communicant pour désigner un appareil commun (une montre, une enceinte, un bracelet, un verre, une canne…), mais qui a la capacité de :
- capter des données (la fréquence cardiaque par exemple pour une montre connectée),
- les communiquer à un autre objet ou à un service internet.
C’est cette faculté des objets à communiquer qui explique qu’on parle d’internet des objets (ou IoT, Internet of Things en anglais) pour désigner ce phénomène : il y aurait 41 milliards d’objets connectés dans le monde, et plus de 4 Français sur 10 possèdent au moins un objet communicant aujourd’hui.
Comment fonctionnent-ils ?

OBJETS CONNECTÉS : COMMENT FONCTIONNENT-ILS ? Un objet connecté capte et transmet des données d’activité de son utilisateur pour surveiller des indicateurs de santé, localiser, alerter en cas d’accident…

LE CAPTEUR : Il mesure une information (température, rythme, mouvement, humidité…). LE MICRO-ORDINATEUR : Il traite ce signal pour le transformer en données. LE MODULE DE CONNECTIVITÉ : Il transmet ces données relevées par l’objet connecté vers d’autres appareils ou applications.

LE SMARTPHONE : Celui de l’utilisateur, et/ou celui de son proche aidant : permet de piloter l’objet connecté, mais aussi d’en lire les données via une application. L’APPLICATION : Médecin, soignant ou service de télésurveillance peuvent y accéder aux données de l’objet connecté en temps réel.
Pour qu’un objet soit “connecté”, il doit comprendre 5 éléments :
- un capteur qui va “observer” une information physique pour la transformer en signal électronique. Ce capteur peut mesurer la température (thermomètre), l’humidité (hygromètre), le mouvement (accéléromètre) ou la rotation (gyroscope), la lumière, le bruit…
- un micro-ordinateur, relié au capteur, plus ou moins sophistiqué et miniaturisé selon la complexité du signal envoyé par le capteur et de la réponse à y apporter,
- un module de connectivité, qui va transmettre les informations du micro-ordinateur via des technologies comme le Bluetooth ou le WiFi, les réseaux mobiles (3G, 4G, 5G), ou des protocoles dédiés comme LoRa ou Sigfox,
- une alimentation électrique (batterie généralement),
- un logiciel, généralement dans le Cloud, qui va pouvoir traiter et afficher les données envoyées par l’objet connecté (par exemple des relevés de données de santé visibles par le médecin), et déclencher des actions (l’intervention d’un service de secours si une canne connectée a “déclaré” la probable chute de son propriétaire.
Ce n’est pas systématique, mais de plus en plus souvent les objets connectés sont livrés avec une application (disponible sur smartphone) permettant de les contrôler et d’en retirer des informations.
Concrètement, à quoi servent-ils pour les personnes âgées ?
On distingue 4 grands types d’objets connectés :
- les objets relatifs à la santé (montres, piluliers, balances…) sont les plus répandus (27 % des Français en possèdent un1),
- ceux relatifs à la sécurité (alarmes, serrures, détecteurs de fumée… 22 % des Français en possèdent un),
- ceux relatifs à la domotique (thermostats, radiateurs, volets, lampes… possédés par 19 % des Français),
- ceux relatifs à l’électroménager (fours, machines à laver, cafetières… présents dans 18 % des foyers)
Les deux derniers sont intéressants quel que soit l’âge : ils permettent de mieux maîtriser sa consommation d’énergie, de gagner en confort… Mais ce sont surtout les deux premiers qui apportent un vrai “plus” aux seniors, et qui représentent le segment le plus actif de la silver tech (l’innovation technologique visant les personnes âgées) :
- en permettant de bénéficier d’un suivi de santé permanent à distance (l’objet connecté transmet les informations en temps réel aux médecins et soignants),
- en “ancrant” les bons réflexes de santé (la prise de médicament, l’alimentation et la boisson…),
- en accélérant considérablement l’intervention des soignants ou des secours en cas d’incident (des données de santé anormales ou un accident domestique détecté par un objet connecté déclenchant automatiquement une alerte),
- enfin, et c’est loin d’être négligeable, ils apportent aux aidants des personnes en perte d’autonomie une certaine tranquillité d’esprit : plus besoin d’être présent en permanence, ni de vérifier systématiquement si son proche a bien pris ses médicaments, a bu et mangé…
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Quels objets connectés au service de la santé des seniors ?
Les verres, gourdes ou fourchettes connectées : pour une meilleure nutrition
Avec l’âge, les sensations de faim ou de soif tendent à s’estomper. Les seniors sont donc plus sujets à la dénutrition et à la déshydratation que la moyenne, avec des conséquences potentiellement graves sur leur santé.
En la matière, l’imagination des concepteurs d’objets connectés semble sans limite :
- Des tasses, bouteilles ou gourdes connectées permettent de détecter si une personne âgée a effectivement bu (et en quelle quantité). Exemples : Aquatime d’Abena, Auxivia pour les verres, Hidratespark, Smart Bottle d’Equa pour les gourdes.
- La fourchette connectée aide à contrôler si vous mangez trop vite (avec à la clé des problèmes de digestion et de satiété). Exemple : Slow Control.
- La balance connectée permet de mesurer la quantité de calories, glucides, lipides, vitamines… contenus dans vos repas. Très utile pour lutter contre l’obésité, ou à l’inverse éviter la dénutrition. Exemples : NutriTab de Terraillon, Silvergear.
Le pilulier connecté : pour suivre la prise des médicaments
La non-observance des traitements médicaux (par oubli, lassitude, crainte des effets secondaires…) représente un véritable enjeu de santé publique. Et encore plus sur des populations âgées, qui sont soumises à des traitements plus nombreux, et plus complexes.
Pour une personne âgée comme pour ses proches, il est donc essentiel de pouvoir s’assurer de la bonne prise des médicaments, et c’est précisément à quoi sert le pilulier connecté : les compartiments sont généralement remplis par le médecin traitant, et s’allument et s’ouvrent au moment prévu de la prise. Une application mobile permet par ailleurs de rappeler au patient de prendre ses médicaments, tout en alertant proches et soignants si cela n’a pas été fait. Quelques exemples : Medipac, DoseControl, Do-Pill (en pharmacies).
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Podomètres, montres, bracelets... : pour “monitorer” l’activité physique
Marcher, faire un peu d’exercice, suivre des indicateurs comme le rythme cardiaque, les calories perdues, les cycles du sommeil, ou la tension : entre bien-être, prévention et santé connectée, ces objets permettent de maintenir un bon niveau de santé générale.
Montres connectées ou bracelets d’activité : des “assistants santé personnels”
Véritables petits smartphones portés en permanence au poignet, les montres connectées tendent à devenir le “tout en un” de la surveillance santé des seniors. En effet, elles permettent :
- de suivre l’état de santé d’une personne âgée (tension, rythme cardiaque, taux d’oxygène dans le sang…),
- de mesurer l’activité physique (podomètre pour compter les pas effectués, calories brûlées…),
- de communiquer ou d’alerter grâce à des fonctions d’appel intégrées (ou couplées à un téléphone mobile).
Quelques exemples : Smartwatch d’Emporia, B-Connect de Bazile, Doro Watch.
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Le coussin connecté : l’outil anti-escarres
Les escarres (lésions cutanées dues à une position assise ou allongée prolongée) touchent souvent les seniors et les personnes à mobilité réduite qui se déplacent en fauteuil roulant. Glissé sous un coussin ou un oreiller, un petit tapis connecté permet d’analyser la position de son propriétaire, et si besoin d’envoyer une alerte pour inviter à changer de position.
Exemple : Gaspard.
Diabète, Parkinson : des objets connectés au service des patients
Parmi les maladies chroniques invalidantes, Parkinson et plus encore le diabète sont celles qui bénéficient le plus de l’essor des objets connectés.
Pour les personnes diabétiques, certains objets communicants font déjà partie du quotidien :
- le glucomètre connecté, qui permet de mesurer la glycémie sans piqûre,
- l’auto-tensiomètre connecté, pour assurer une mesure plus précise de la tension artérielle,
- le dispositif de délivrance (stylo à insuline connecté pour les personnes ne bénéficiant pas d’une pompe à insuline).
Ces dispositifs sont souvent accompagnés d’un carnet glycémique en temps réel, beaucoup plus pratique pour ces patients que l’ancienne notation “à la main” du niveau de glycémie et des injections réalisées.Pour la maladie de Parkinson, l’innovation est plus récente, moins abordable, mais très prometteuse. Le Gyroglove est un gant pourvu d’un gyroscope qui permet de “compenser” intelligemment les tremblements de la main et de lui assurer une vraie stabilité.
Quels objets connectés pour assurer la sécurité des seniors ?
Parce qu’elles sont moins mobiles et plus vulnérables, les personnes âgées nécessitent une surveillance régulière. Surveillance que leurs aidants ne peuvent pas forcément assurer en permanence. En remplacement ou en complément de services de téléassistance, les objets connectés vont venir pallier l’absence d’une aide à domicile.
Le pendentif, médaillon ou bracelet connecté : un “bouton d’appel” à portée de main
D’un fonctionnement très simple, ces petits objets permettent à la personne qui les portent de contacter ses proches ou son service d’assistance à distance facilement et rapidement, en pressant simplement un bouton.
À noter que certaines montres connectées intègrent ces fonctions d’appel à un service d’assistance (ou à un proche).
Ces pendentifs sont de plus en plus souvent proposés dans le cadre de services de téléassistance par des acteurs comme La Poste, Europ Assistance, Crédit Agricole, AXA… Renseignez-vous auprès de votre banquier ou assureur.
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Sols et ceintures connectés : les détecteurs de chute
Effectuer un appel d’urgence, c’est parfait lorsqu’on est encore conscient. En cas de chute, un pendentif connecté peut donc ne pas suffire. Avec une ceinture connectée (comme celles que proposent Indienov ou Airrbelt), munie d’un accéléromètre qui détecte les chutes, voire d’airbags qui préviennent le risque de fracture de la hanche, les proches peuvent être alertés automatiquement.
Dans le même esprit, des sols connectés (aujourd’hui surtout installés dans des établissements spécialisés), vont pouvoir détecter les chutes grâce à une puce insérée sous le sol, et alerter immédiatement le personnel aidant ou les proches de la personne concernée.
Bon à savoir
La chute est l’un des principaux risques pour les seniors. Chaque année, 450 000 personnes chutent. Elles sont la première cause de décès accidentel chez les plus de 65 ans. Chaque année 9 300 personnes âgées de plus de 65 ans décèdent des suites d'une chute.
L’adaptation du domicile est donc un enjeu important pour limiter le risque de chute des personnes âgées et leur permettre de bien vieillir chez elles.
Les cannes intelligentes : pour prévenir les chutes (et alerter) à l’extérieur
Pour les personnes ayant des difficultés à se mouvoir, des cannes intelligentes comme la Smartcane de Dring proposent :
- la détection de chutes,
- un bouton d’appel aux aidants ou aux secours,
- parfois le comptage du nombre de pas effectués,
- la géolocalisation et parfois le guidage grâce à un GPS intégré.
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Les objets connectés au service du lien social
La solitude touche de plus en plus les personnes âgées. Avec des conséquences sur leur moral, leur bien-être, et in fine leur santé. Tout ce qui leur permet de garder le lien avec leurs proches est donc bon à prendre… et certains appareils intelligents sont conçus pour.
La tablette connectée : pour rester en lien
A côté des tablettes grand public (iOS ou Android), des modèles spécialement conçus pour les seniors facilitent
A côté des tablettes grand public (iOS ou Android), des modèles spécialement conçus pour les seniors facilitent le lien avec leurs proches, et leur assurent d’être facilement joignables. Avec une tablette aux fonctionnalités simplifiées, une personne âgée dispose d’un agenda, d’une messagerie, d’une application de visio, peut prendre des photos et les regarder, lire, jouer et surfer sur le web.
Quelques exemples : LiNote, Facilotab, Ardoiz.
La télé communicante : une alternative au téléphone
Transformer son téléviseur en véritable outil de communication, afin de garder des liens avec ses proches : c’est ce que propose Emotivi. Ce petit “kit” comprenant une télécommande simplissime et une caméra permet de passer des appels en visio, recevoir des vidéos, des messages ou des photos en toute simplicité.
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Ergonomie, prix, simplicité… Comment bien choisir un objet connecté pour senior ?
Les critères de choix
Afin d’éviter l’effet “gadget”, ou de se retrouver avec un appareil trop complexe pour vraiment servir, nous vous recommandons la plus grande attention aux aspects suivants.
L’ergonomie
L’objet est-il bien conçu, et simple à utiliser ? Peut-on rapidement se passer du mode d’emploi ? Les boutons ou écrans sont-ils faciles à lire et à comprendre ? Dispose-t-il de suffisamment (ni trop, ni trop peu) d’options ?
C’est l’aspect le plus important à vérifier, en particulier si vous l’achetez pour l’offrir à un proche âgé : s’il ne parvient pas à se l’approprier facilement, il restera dans un tiroir.
La connectivité
Autre aspect très important : la manière dont l’objet va pouvoir transmettre et retranscrire les informations qu’il capte. Certains sont “commandés” par un smartphone ou (moins souvent) par un ordinateur, il s’agit de les appairer à cet appareil maître. Et il faut donc vérifier qu’ils seront compatibles avec votre téléphone, par exemple. D’autres demandent un accès direct à Internet, et donc un abonnement supplémentaire.
Le prix (et les aides)
Dans certaines catégories, les prix des appareils peuvent varier du simple au triple. La différence s’explique parfois par le prestige de la marque (Apple ou Samsung se situant clairement dans la fourchette haute des prix), mais pas seulement : l’autonomie, la qualité, les fonctionnalités… sont à comparer objectivement pour vous faire une bonne idée de ce qui représente un prix “raisonnable”.
Bon à savoir
Dans le domaine de la téléassistance en particulier, les objets connectés sont éligibles à certaines aides financières : crédit d’impôt, allocation personnalisée d’autonomie, aides des mutuelles ou des caisses de retraite.
Où se renseigner pour bien faire son choix ?
Avant d’acheter, épluchez les sites des distributeurs de matériel connecté :
- ceux des enseignes “tout public” (Fnac, Darty, Boulanger, Amazon…),
- ceux des distributeurs spécialisés dans les appareils pour seniors (Tousergo, Seniorboutique…)
Même s’ils ne sont pas à prendre pour argent comptant, regardez les notes et avis (la note moyenne, mais aussi le nombre de notes totales sur laquelle elle est calculée) : cela vous donnera une première indication sur la qualité des objets que vous avez repérés. Autre source d’information bien utile : l’Espace idées Bien chez moi, qui est non seulement un “appartement témoin” de tout ce qu’il est possible de mettre en place comme aménagements et comme objets utiles pour l’autonomie d’une personne âgée, mais aussi une source de conseils précieux. Le recours aux conseils d’un ergothérapeute, enfin, vous aidera à faire le tri entre gadgets et objets véritablement utiles.